news

 

 

 

Le 8 décembre 2013 : inauguration à Naples du MAMT -Mediterranean Museum of Arts, Architecture, Music, Migrations, Tourism and Traditions- crée par la “Fondazione Mediterraneo” www.fondazionemediterraneo.org avec le Patronnage du Ministère des Affaires Etrangères d’Italie.   Dans le MAMT un espace est dédié en permanence au Carré Bleu

 

 

programma

 

 

 

CONVEGNO INTERNAZIONALE

 

21 giugno 2011

Palazzo Vecchio, Salone dei Cinquecento, Firenze

 

Alfabetizzazione all'architettura
ed alla qualità dell'architettura
 
 

A PARTIRE DALLE SCINTILLE            Federico Butera

ita

 

 

 

 

10 TREND PER IL 2020       Domenico De Masi

 

ita    

Weniger (Energie) ist mehr (Komfort)                   ingo gabriel

 

de    

LA CULTURA DEL PROGETTARE          M. Pica Ciamarra

fra

ita

engl

 

SPUNTI GRAMMATICALI                         Luca Zevi

ita    

 

>> programma

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHARNIERE / CERNIERE    par Lucien Kroll                       

 

après le n°1/2011 / con riferimento al n°1/2011                                                   pdf fr/ita

 

Une grande différence sépare les conseilleurs des travailleurs ! Le ton du discours ne trompe pas. En écologie, c’est pareil et en participation d’usagers c’est encore plus délicat. Certains échafaudent des théories, des organisations d’opérations, des méthodes mais ne tâtent jamais de l’exercice vulgaire. Au mieux, il utopisent leur réalité : parfois c’est très nécessaire, parfois aussi, ils se confinent dans le confort de l’utopie et ne tâtent pas de l’action : leurs échafaudages de concepts fuient le réel vulgaire. De son côté les maladresses du praticien accumulent les compétences qui, pas à pas, charpentent une pratique. Ceci, c’est de l’incrémentalisme : « apprendre à marcher en marchant ».

Depuis que la démocratie gagne des fidèles, nous vivions une lente évolution dans toutes nos relations d’autorité. On peut regretter la Royauté de droit divin : elle était bien pratique, tout se décidait souverainement par une seule personne et on ne pouvait faire appel que par ordalies devant Dieu, l'eternel absent. Mais le lent réveil des désirs d'autonomie, d'égalité, de droit de la personne, de coopération « horizontale », se sont peu à peu révélés et répandus à travers le monde. Ils se sont affirmés et ont été adoptes publiquement comme forme obligatoire de relations humaines catalysées par la négociation pacifique et intelligente au lieu du désordre et de la violence. Les Droits de l’Homme sont devenus indiscutables.
Mais rien n'est jamais acquis, ni surtout complet. Même l’Église catholique a changé d’attitude envers Dieu le Père : celui-ci se retire lentement pour laisser place à la fraternité de son Fils… Tout le système de relations d’autorité a basculé : même une personne seule peut avoir raison contre toutes les autres… Et voici qu’on invente la « démocratie participative » : un pléonasme. La subsidiarité est devenue le fondement incontournable des relations : définitivement de bas en haut.

La démocratie est un grand désordre…
Derrière le pouvoir politique, se cache le pouvoir technique toujours inavoué : il est perfide car il bloque la contestation-coopération à coup d’affirmations scientifiques improbables mais difficiles à contester…
En urbanisme, on sait que les acteurs politiques sont soumis aux Services Techniques. Les comités de quartiers le savent bien : il n’y en a encore à peu près aucun qui aura réussi non pas à imposer un projet mais à relativiser celui qu’on lui impose et à faire équipe avec l’autorité pour aboutir, par une discussion raisonnée à un projet commun et puis à l’appliquer ensemble…
Dans l’Enseignement général, les aventures du partage de l’autorité ont été gagnées surtout par « l’Ecole Nouvelle » : elle date du début XXIème siècle mais elles sont encore contestées : elles n’ont jamais été figées même si officiellement les cours « ex cathedra » ont sombré dans le vieillot. La transmission de connaissances a été bouleversée surtout dans l’éducation de base, par les « prophètes » : Montessori, Decroly, Freinet, Froebel, Rogers, Steiner, Vandercam, etc. ils dépassaient le savoir intellectuel fermé pour s’adresser à l’enfant dans son être actif, participatif. On n’apprend rien à intérioriser dans l’ordre : seul le « désordre » est créatif de connaissances vécues… Mais la connaissance est encore un pouvoir dont se sert celui qui en est le propriétaire.

Nouvelle pédagogie
On connaît assez bien cette aventure dans l’enseignement général mais dans celui de l’architecture et du paysage bâti, le conflit n’a jamais vraiment éclaté, malgré quelques essais en 1968… L’enseignement est encore « du maître bavard à l’élève muet… Certains ont essayé du Célestin Freinet dans l’apprentissage de l’architecte. Ils se sont vite découragés : le narcissisme se transmet plus spontanément. Ils auraient pu atteindre une architecture « exogène » dont la raison sociale se trouve en dehors d’elle-même, pas seulement la « fonction » à laquelle se résume le service de l’architecte. Pourtant, plus c’est fonctionnel, moins longtemps cela fonctionne. Les modèles préfabriqués étaient intelligents, ils « fonctionnaient » mais ils manquaient « d’humanité complexe » donc on les démolit…
Le pouvoir créatif de l’architecte doit être réparti et non centralisé hiérarchiquement dans les salles de cours et les ateliers. Mais surtout, il devait être, même symboliquement, rendu aux habitants, le vrai « peuple » : ceci n’a soigneusement jamais été instauré ni même évoqué dans nos écoles… J’avais organisé dans les années 1970 un jeu de rôle dans une classe d’architecture que j’ai « dirigée » pendant une année en Belgique. Cela a frisé le désastre : les étudiants intériorisaient leur rôle traditionnel jusqu’à l’émeute… On ne l’a soigneusement jamais répété…


Écologie du projet
Il existe diverses politiques de design : la classique par exemple où l’architecte, traditionnellement le « plus compétent » crée un projet aussi personnel que possible, en décide seul comme étant le plus utile à une population muette et il en attend de la reconnaissance. C’est ce qui se fait partout. Une variante : le projet peut être exclusivement technique ou bien narcissique-solitaire (c’est déjà une qualité…). Cette contradiction est salutaire puisqu’elle mettait en évidence une réelle liberté de choix dans l’indispensable analyse institutionnelle…
Cet exercice a consisté à répartir les rôles des intervenants dans le projet urbain : projeteurs, autorités, ouvriers, habitants, usagers, etc. en vue de gagner cette autre manière de projeter, démocratique, indispensable à instaurer un processus compatible avec les urgences écologiques. Alors, le projeteur voit bien la nécessité d’aider à concevoir un projet ouvert, un « conglomérat » car il voit comment le groupe d’habitants évolue sans cesse.
La nature de tous les projets est teintée de ces soucis. Leur qualité est moins visible dans les propositions que dans l’absence d’aucune « forme » moderne arrogante officiellement gratifiante… Les quelques quartiers soutenables en préparation se contentent d’affiner les techniques d’économies et surtout de production d’énergies « à consommer » : même les « énergies « grises » incorporées aux matériaux mis en œuvre restent soigneusement ignorées. Autant que la participation d’habitants parfaitement absente…

Enjeu « humaniste »
Il est fondamental : il gère l'avenir de l'écologie. En effet, notre société, encore inféodée à la cruauté technique, ne peut exorciser brusquement son ancien comportement de « consommateur enragé ». Devant les menaces du climat, seule, une reconversion déchirante et immédiate des mentalités pourra inverser le cours des catastrophes. Il faudra sans doute plusieurs générations pour comprendre et accepter cette mutation. Il faut se rappeler les « trente glorieuses » de Jean Fourastié l’économiste français : elles avaient fondé le monde technique et son confort criminel planétaire. En réalité c’était les années les plus noires et les plus sales de l’humanité, où nous avons inventé les moyens les plus efficaces de détruire la planète et où nous les avons acceptés tous, sans hésiter…

La nécessité de l’expérience dans le réel psycho-social
Une évolution énorme et vertigineuse ne pourra sans doute se déclencher qu'après des cataclysmes majeurs : forcément, elle se fera alors dans l’improvisation et le désordre. Si pourtant, à ce moment et par bonheur, nous aurons tenté quelques expériences réelles, comme si nous étions en l’an 2060, nous aurons gagné des générations de bricolages hasardeux et de souffrances.
 

LK
 

 

 

 

 

 

  12.06.2010  /  Paris 

Cercle de Rédaction du Carré Bleu

 

Massimo Pica Ciamarra :

« Terlizzi  KO-CO2 »

pdf

 

 

 

lundì 4 Javier 2010

Liban - Musée de l’Usek

Université Saint-Esprit de Kaslik

Faculté des Beaux Arts

 

Appel à idées, une idée pour chaque ville

 

Exposé des projets des étudiants

présentés pour ce concours

 

    Deux années consécutives de participation au concours annuel Appel à idées, une idée pour chaque ville lancé par Le Carré bleu et sous le patronage de l’UNESCO et de l’INARCH.

   
   
Nous vous invitations à parteciper à l’exposè des projets des étudiants présentés pour ce concours, dont deux projets lauréats et une mention.
    L’exposè aura lieu au musée de l’USEK, le Lundì 4 Janvier 2010 à 5h précise, en presence de Madame Luciana de Rosa, architecte et rédactrice en chef de la revue d’architecture Le Carré Bleu.
                                                                                                              documentation

 

 

 

LE CYGNE NOIR

La qualité du bâtiment

dans les transformations urbaines
 

Colloque ANIAI-INARCH 19.06.09,

Istituto Italiano per gli Studi Filosofici

 

Massimo Pica Ciamarra
 

                                                                                              PDF

 

 

Le décès de André Shimmerling

fondateur du Carré Bleu et directeur jusqu’en 2006

 

    Ce numéro étant déjà à l’imprimerie, nous avons appris, avec une grande douleur et un regret encore plus grand, que notre ami depuis presque toujours André Schimmerling s’est éteint, à l’âge de 97 ans – nous l’avions cru immortel.   

    Il a été pour nous un grand exemple et c’est grâce à lui que nous avons eu le courage d’accepter son héritage. A Rome, en octobre 2006, il a lui même annoncé que « ....cette nouvelle rédaction s’occupe toujours de discuter, à travers cette même forme carrée dépliante, de l’amélioration et de la tran sfor mation de l’espace urbain..... Trois pôles géographiques – Finlande, France et Italie  contri-

buent à cette nouvelle impulsion du Carré Bleu pour mieux traiter de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement près de 50 ans après la création de la revue ».

 

    Profondément cosmopolite, humaniste et de culture juive, il nous a tous marqués par ses idéaux et ses actions désintéressées.

 

    Il avait la capacité et l’énergie, l’intelligence, la force, la passion et la volonté de concevoir et réaliser un numéro tout seul : ce qui explique sa présence extraordinaire au sein de la revue qu’il a dirigé depuis son commencement jusqu’à l’an 2006 : une revue qui prétend avoir un regard critique sur ce qui se fait, sur ce qui se pense, sur ce qui se propose Serons-nous capables de poursuivre son chemin sur les thèmes nouveaux de notre contemporanéité?

 

    C’est à Philippe Fouquey - l’un des Amis qui a longtemps accompagné André dans son travail - que nous avons demandé d’écrire des mots qui puissent rappeler à nous tous l’esprit et l’enthousiasme qu’il nous a transmis avec le Carré Bleu.

    André a été pour moi l'exacte personne, découverte par hasard au Centre de Recherches d'Urbanisme, à Paris, où il était chercheur et où j'étais stagiaire, que, sans le savoir, je recherchais. Mes études étaient à peine terminées, nous étions au début des années 60. Par un autre hasard bienheureux, j'ai également découvert, à la librairie la Hune à Saint Germain des Prés, que ce même André Schimmerling présidait aux destinées d'une revue sur l'architecture et l'aménagement de nos espaces de vie. Et cette revue, humaniste, internationale, constituée d'articles critiques, cette revue atypique en un mot, abordait sans tabou et courageusement tous les aspects des thèmes de réflexion qui m'intéressaient particulièrement, y compris les thèmes sociaux. Tous ces sujets, et combien d'autres, étaient à l'époque ignorés ou évités par l'enseignement officiel de l'école des Beaux-arts et peu traités par celui de l'Institut d'urbanisme. Et ces thèmes - leur choix et leur hiérarchie - étaient cohérents entre eux, parce que regroupés grâce à une véritable philosophie éthique. Bref, j'avais enfin trouvé, de façon inespérée, un homme et une équipe qui éprouvaient la même soif et la même passion que moi pour découvrir, dans notre très vaste domaine, les vraies questions, et espérer approcher de réponses satisfaisantes. Pendant une assez longue période, je me suis contenté d'absorber les nourritures intellectuelles du Carré Bleu, tout en me familiarisant avec André, avec Tyyne son épouse et sa source d'énergie, avec Lucien Hervé, avec Jean-Louis Véret (Montrouge), avec bien d'autres, puis, au hasard de séminaires à la Maison Le Corbusier ou à l'Institut Finlandais, avec nos alter egos, italiens, belges, hollandais, écossais, finlandais, américains, et une foule d'autres membres du Carré Bleu formant un groupe très homogène , qu'André avait l'art de faire sortir de son chapeau, avec son air un peu lunaire et de ne pas y toucher. En vérité, André avait, en plus de son extraordinaire culture, une énergie peu commune et l'art de fédérer les énergies et les personnalités grâce à son humanité et à sa simplicité. Bref, il y a trente cinq ans à peu près, j'ai commencé à participer à la vie de la revue, puis je m'y suis investi tout à fait... Un joli pied de nez à l'enseignement de l'école des Beaux-Arts d'avant 1968. Non pas que l'enseignement d'après 68 soit sans problèmes, mais le Carré Bleu s'en occupe! Qu'André, qui vient de nous quitter, soit tranquille.

 

 

Le 12 Novembre 2009,
Paul – Sami Schimmerling à la mémoire de mon père

 

    Ma mère m’avais dit un jour « ton père vivra longtemps » en soulignant que les membres de la famille Schimmerling vivent tous très longtemps. Ma grand-mère que nous appelions Muti a vécu ainsi jusqu à 103 ans.


    Aujourd’hui , mon père, connu sous le nom d’André ou de Simi, a rejoint son épouse , ma mère, la poétesse finlandaise Tyyne Saastamoinen, qui est au ciel. Il y a quelques jours, il nous a dit adieu, avec sa main et ses yeux : « Moi, je continue mon chemin, bonne route, et portez vous bien ».


    Le chemin de mon père a été un long chemin. Je dis à Papa , en reprenant une parole de ma mère: « tu es parti comme un oiseau migrateur. Que le voyage te soit doux, nous ne t’oublierons jamais où que puisse se trouver cet univers qui t’emporte désormais. Nous avons ici des chambres pour nous asseoir et y penser à loisir à toutes les maisons que tu as construites et qui sont belles comme les forêts de Finlande »


    Mon père m’a raconté quelques unes de ses migrations. Je vais essayer de partager avec vous quelques récits et souvenirs.


    Né en 1912 dans la ville de Temeshvar, (devenu Timisoara depuis que la Roumanie a annexé cette ville hongroise) dans une famille juive hongroise aisée, mon père serait devenu un avocat comme son propre père s’il avait poursuivi dans la voie qui lui a été tracé : Baccalauréat, puis Etude de droit à la Sorbonne. Il s’intéresse très tôt à la découverte des cultures, en fondant un groupe d’amis du lycée « La Douma ». Les membres de la « Douma» étaient amateurs de voyages, de conférences, de débats d’idées. Ils sont restés fidèles et unis toute leur vie. Imi Telkes, dont la famille est avec nous aujourd’hui, en faisait parti.
    Je crois que trois événements ont détourné mon père d’une vie tranquille d’avocat en Hongrie : l’enseignement de l’urbaniste écossais Patrick Geddes à Montpellier, la 2ème guerre mondiale, et sa rencontre avec ma mère Tyyne, que nous appelions aussi Hansu.
   Patrick Geddes était un précurseur dans de nombreux domaines , l’environnement, l’urbanisme, la pédagogie. S’intéressant aussi bien à la botanique, qu’à l’art sous toutes ses formes, il a voulu faire converger plusieurs disciplines qui étaient morcelées pour concevoir les villes de demain. Mon père était son interprète puis son disciple au collège des Ecossais qu’il a fondé à Montpellier. Il disait que « tous les matins ; nous venions jardiner, car le travail manuel faisait parti de l’enseignement. Mon père m’a montré les jardins du collège des écossais et l’idéal de Patrick Geddes : enseigner les sciences , l’urbanisme, et l’art dans un jardin. « C’est en vivant que nous apprenons »
    Mon père a abandonné le droit pour étudier l’architecture à Paris jusqu’à ce que la guerre éclate. Il m’a raconté le nombre de fois où il a échappé à la mort et son engagement dans la résistance française. Il s’est évadé du camps d’internement d’Oradour, il a échappé aux rafles à Montpellier, dans le plateau du Vercors et ailleurs….. Il a toujours été sauvé par son étoile et aussi par des amis français qui l’on protégé.
    Après la guerre, il termine ses études d‘architecte, et prend la nationalité française, en étant naturalisé comme beaucoup de résistants étrangers. Sa famille, sa mère Muti, sa sœur Trude, son beau frère Pali émigrent en Israel.
    En 1951, il rencontre ma mère Tyyne Saastamoinen . Ils vivront ensemble en Finlande, en Suède, à Paris, à Montpellier. Ils me donneront naissance, et fonderont la revue d’architecture « Le Carré Bleu »
    Cette union m’a marqué par son caractère cosmopolite, européen avant l’heure. Mon père parlait couramment sept langues : français, hongrois, roumain, allemand, suédois, anglais et le finlandais. Je me souviens des débats passionnés qui animaient les rédacteurs du Carré Bleu. A Helsinki ; Stockholm, Rome, Londres, Amsterdam, Copenhague dans toutes ces villes, j’ai rencontré des architectes qui avait travaillé avec André. Agnès Jobart, parle d'une réunion autour d'un concours "Urbanité et Mobilité", crée par lui, réunion au cours de laquelle il avait assuré la traduction simultanée (vers le français) de 4 langues.
    J’ai été frappé par la ville idéale que mon père a recherché toute sa vie : moderne et belle, comme cette couverture du numéro 2 du Carré bleu , montrant l’architecture au carrefour de la musique et de l’harmonie .
    Je laisserais les amis du Carré Bleu témoigner sur l’esprit qu’il a insufflé. Et je donne la parole à tous ceux qui l ont connu.

 

    Paul Schimmerling

 
 

 

 

 

 

Le Cinquantenaire du Carré Bleu

 

Lundi 8 décembre 2008 10h15-19h00  Cité de l’Architecture et du Patrimoine

Rotonde de la Bibliothèque Palais de Chaillot - Paris métro Trocadéro

 

le projet de DECLARATION DES DEVOIRS DES HOMMES

Massimo Pica Ciamarra

 

pdf

 

 

LES 50 ANS DU CARRÉ BLEU                                                                     Philippe Fouquey

 

Le Carré Bleu va fêter ses 50 ans cette année, à l'automne, à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine à Paris. La coïncidence temporelle n'est pas fortuite entre la date de la naissance de la revue en 1958, celle de la fin des CIAM et de la création du groupe des TeamX en 1959. François Rambert, directeur de l'IFA rappelle, dans le texte d'introduction à l'exposition des TeamX à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine (20/3-11/5/08), que des membres des futurs TeamX avaient la charge d'organiser le 10ème congrès des CIAM en 1956, celui de Dubrovnik, le dernier.
Il écrit: "Organiser le 10ème congrès des célèbres CIAM, les grandes messes de la modernité architecturale et urbaine initiées en 1928 par Le Corbusier, Gropius et Giedion, une opportunité fantastique pour cette jeune garde de régénérer le langage moderne". Il ajoute:"Né dans la contestation- un esprit de rupture avec les monstres sacrés du Mouvement Moderne- ce groupe à géométrie variable jouera le rôle de poil à gratter dans une époque placée sous le signe d'une fabuleuse croissance (sic)"; et, plus loin, "Mais, pendant que les grosses agences s'échinent à produire en quantité, les TeamX, eux, remettent sans cesse sur le métier la question sociale".
Malgré la profusion et la complexité de la pensée et de la production architecturale des TeamX dans la période qui va de 1958 à 1981, et la justesse et la richesse des prises de position critiques du CB dans une période qui commence également en 1958, on est frappé par le fait qu'on peut appliquer au CB les remarques au travers desquelles Rambert parvient à décrire certains des traits essentiels des TeamX:
      * TeamX souhaite être perçu "comme du poil à gratter". Dans ce sens, voir les n°1/87 2/90 1/92 1/93 2/94 si l'on veut d'excellents exemples d'une revue qui ne craint pas d'être dérangeante.
     * "L'architecturbanisme", néologisme TeamX, doit être abordé en premier lieu comme une question sociale. Les 161 numéros du CB déjà parus témoignent de la même préoccupation première.
      * TeamX est un groupe à géométrie variable. Pour être membre du CB on peut être architecte ou urbaniste, mais aussi compositeur de musique, sociologue, simple citoyen porteur de certaines valeurs, ou même membre autoproclamé.
     * L'échelle collective et son caractère non lucratif caractérise l'entreprise TeamX. Faut-il s'étonner du parallélisme des comportements de TeamX et du CB?
Non, car, croyons nous, les fondateurs du CB en 1958 à Helsinki étaient très impliqués dans la vie de CIAM d'abord, des TeamX ensuite: les Schimmerling, Blomstedt, Pietila, Petaja, Alander, jeunes, impatients, passionnés et critiques, ont déjà, dès les tout premiers numéros, orienté la revue dans une direction telle que les TeamX l'ont adoptée comme le lieu naturel de leurs épanchements. Et, très vite, les membres fondateurs, ceux des TeamX et quelques autres comme Véret, Hervé, Aujame, se sont fondus en une seule cohorte, tous membres du CB, où l'on retrouvait Candilis, De Carlo, Woods, Erskine, Josic, Polony, puis Van Eyck et Bakema. Toutes ces individualités présentes au CB dès 1958 ont été rejointes plus tard par d'autres, plus jeunes comme Tzonis, Lefaivre, de Rosa, Friedman, Pica Ciamara, Vellut, Puttemans, Larsen, Vasko, Ruusuvuori, Broner, Antonokakis, Fehn, Schein, Zevi, Emerich et d'autres encore.
Le besoin de créer cette revue d'architecture très particulière est né d'un instant particulièrement crucial de l'histoire de l'architecture, l'effondrement des CIAM, annoncée dès 1953, effectif à Otterloo en 1959, coïncidant avec l'émergence puis le triomphe de TeamX. Le CB à sa création se voulait lieu de réflexion, de remise en question; à plus forte raison lorsque très vite les TeamX l'ont rejoint. Son tirage modeste était (et est toujours) compensé par son audience internationale que l'origine très diversifiée de ses membres a, en quelque sorte, induite. Son impact, en divers lieux de l'Europe et la vocation que ses animateurs lui désignaient, de répandre toutes sortes d'informations sur l'état des recherches ou réalisations collectives ou individuelles, conduites ou non par ses membres pourvu qu'elles fussent dans le droit fil de ces principes ou de cette philosophie qui voulait que tout problème concernant l'environnement, les problèmes d'habitat -urbain ou non- d'urbanisme, de ville et d'architecture soit abordé sous l'angle du bien-être social, en faisaient d'emblée une tribune. Aujourd'hui, l'exigence éditoriale du CB, née d'un pareil héritage, et de cette longue pratique est toujours aussi forte. L'implantation internationale dont nous nous préoccupons d'augmenter l'envergure est considérée par nous comme le plus précieux terreau de nos recherches et de nos futures découvertes.
Bien des questions formulées par TeamX sont toujours sans réponse. Le curseur des urgences vitales de nos sociétés ne cesse de se déplacer, nous contraignant à une veille permanente et difficile. Les thèmes de la réflexion sur l'environnement: ils sont rémanents mais ils se diversifient ou changent de nature ou d'échelle sous l'action des modifications accélérées et imprévisibles que la mondialisation, ou globalisation, nous impose. Ils deviennent difficiles à identifier et hiérarchiser. Notre comité de rédaction est donc confronté en permanence à la nécessité de modifier les angles d'attaque des problèmes et de repérer les nouveaux venus.
Les CIAM ont disparu il y a 50 ans. TeamX, dont le mode de fonctionnement, l'efficacité et les faiblesses sont très intéressantes à analyser encore aujourd'hui, a cessé d'exister. Il n'est absolument pas interdit de s'interroger: une revue comme le CB, dont les membres sont en quelque sorte les héritiers de TeamX et constituent d'ores et déjà, comme eux, un réseau international et amical, ne peut-elle,. avec des rencontres informelles, pas se préoccuper de peser sur les prises de décisions de nos responsables en s'organisant en groupes de recherches, d'influence?

 

 

 

concours annuel                            édition 2007/08

appel international à idées / une idée pour chaque ville

 

résultats du concours

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Sarkozy présente sa vision de l'architecture                discours intégral

 

Allocution de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, à l'occasion de l'inauguration de la Cité de l'Architecture et du patrimoine au Palais de Chaillot.

Madame la Ministre,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
 

Comme vous le savez, la nouvelle Cité de l'architecture et du patrimoine a été en réalité inaugurée hier et avant-hier par le peuple français à l'occasion des journées européennes du patrimoine. J'ai voulu cette " avant première " car cette cité est la maison du peuple bien avant d'être celle des architectes et des hommes politiques. Aujourd'hui je suis fier d'être parmi vous, au milieu de cette impressionnante galerie des moulages, heureux de saluer ici la présence des élus qui ont le privilège d'en héberger les originaux, heureux d'être accompagné par quelques uns des plus grands architectes du temps avec qui j'aurai le plaisir de déjeuner, heureux d'avoir parcouru avec vous les maquettes des réalisations architecturales les plus audacieuses et les plus contemporaines.

Cette Cité a été voulue par Jules Ferry, le père de notre école moderne. Comme Condorcet, Ferry a toujours cherché à associer étroitement éducation et culture. En concrétisant l'idée de Viollet le Duc de créer un " musée de moulages ", Jules Ferry a voulu qu'un large public puisse avoir un accès instantané à la richesse et la variété des patrimoines des régions de France.

L'inauguration de ce nouvel établissement culturel consacré à l'architecture et au patrimoine, je veux qu'elle soit l'occasion de remettre l'architecture au cœur de nos choix politiques. C'est une orientation politique que je vais assumer tout au long de ce quinquennat. L'architecture a un rôle majeur dans le destin individuel et collectif des hommes. L'architecture traduit ce destin, elle interprète ce destin, mais l'architecture également conditionne ce destin. L'architecture dessine nos murs, nos fenêtres, définit notre cadre de vie, oriente nos déplacements, modifie notre relation à l'espace et aux autres personnes.

Avec l'architecture, " nous sommes, nous nous mouvons, nous vivons dans l'œuvre de l'homme " déclarait Paul Valéry. C'est le contact le plus immédiat des citoyens avec l'art, avec l'histoire, et avec la création. Cette Cité, c'est en vérité notre pays tout entier, le territoire de nos valeurs, de nos références, de nos espérances - en un mot, cette Cité c'est le lieu de notre identité. Cette identité s'ancre dans nos régions tout comme elle s'exprime à travers l'universalité d'une culture ouverte au monde, et que résume magnifiquement la démarche d'un architecte à la fois chinois et américain venu construire une Pyramide en plein cœur du Louvre. L'identité n'est pas synonyme de fermeture.

Cette cité n'existe et ne se perpétue que par le ciment et les liens de la culture, et le patrimoine en est l'illustration la plus visible et la plus durable. Or, notre époque est marquée par le triomphe des sciences et de la technologie, mais au-delà des extraordinaires univers virtuels créés par l'informatique, nous savons de moins en moins quelle trace nous allons laisser dans l'histoire.

Je ne suis pas partisan d'une conception utilitariste de la culture. Je ne crois pas que la culture soit une simple marchandise. C'est pour eux-mêmes qu'il faut soutenir le théâtre, la musique, le patrimoine, l'architecture, le cinéma, pour ce que l'art et les artistes nous apportent comme sens, comme espérance, et tout simplement comme plaisir. La culture ce n'est pas un " supplément d'âme ", c'est l'âme même de la civilisation.

La dimension spirituelle et la dimension matérielle ne sont pas séparables. L'art, la culture, l'architecture sont parties prenantes de l'état d'esprit de la société. Ils expriment sa vision du monde, la place qu'elle donne à l'homme. C'est particulièrement vrai de l'architecture, qui est au croisement de toutes les techniques, de tous les savoirs, de toutes les croyances. Elle au cœur du rapport du temps et de l'espace, au cœur de l'imaginaire qui unit ou qui devrait unir les membres d'une même communauté humaine. Elle est le témoignage d'un passé commun et une projection vers l'avenir. Une politique de l'architecture, comme toute politique culturelle, doit tenir les deux bouts du patrimoine et de la création.

La sauvegarde du patrimoine suppose, vous le savez, des moyens importants et un effort constant. Je souhaite la rétablir comme un objectif important de notre politique culturelle. J'ai demandé à Christine Albanel de dresser rapidement un état sanitaire des monuments classés et inscrits, d'effectuer un bilan des régimes juridiques de protection, et de réfléchir aux procédures les plus adaptées à la protection des nouveaux patrimoines, d'intensifier les discussions avec les autres collectivités publiques pour améliorer la répartition des rôles en matière d'entretien et de gestion des monuments. Nous allons modifier considérablement le régime du mécénat, augmenter les possibilités de partenariats public/privé en s'inspirant par exemple des fonds et sociétés d'investissement dans le cinéma ou le développement durable. Il ne sert à rien d'être si fier de notre patrimoine français et de continuer à mégoter pour l'entretenir. Et naturellement, l'entretenir ce n'est pas seulement des fonds publics. Faisons comme on fait partout dans le monde, au service de cet objectif majeur.

Parallèlement, je souhaite que le nombre de monuments ouverts au public tout au long de l'année soit significativement augmenté, et pas seulement réservé aux Journées du patrimoine. Le patrimoine appartient au peuple. Il y a trop de trésors qu'on ne montre pas.

La politique du patrimoine, c'est aussi le soin apporté à l'égard des constructions à venir. Comme la musique, l'architecture est œuvre des sens et construction de l'esprit. L'architecture va unir les disciplines les plus abstraites - philosophie, esthétique, sociologie - et les techniques de construction les plus concrètes. Il y a du sens, et il y a de la technique.

Nous pourrions disserter longuement sur le rôle philosophique de l'architecte, mais mon propos est de parler de politique, car l'architecture est aussi une politique. Elle est même au croisement des politiques : la culture, l'économie, l'urbanisme, le logement, l'environnement••• C'est la raison pour laquelle, au moment où les valeurs collectives sont menacées et où la compétition mondiale entre les territoires est à son comble, je souhaite donner une nouvelle ambition et un nouveau souffle créatif à la politique de l'architecture de notre pays.

Aux architectes d'aujourd'hui, je veux dire : vous avez un défi fantastique à relever, celui de développer votre créativité dans un univers économiquement contraint, dont la pente naturelle conduit à la normalisation, au formatage, à l'uniformisation, et au principe de précaution. Si le principe de précaution avait été appliqué en architecture, quelques unes des merveilles qu'on vient de me montrer ne seraient pas là. Je n'ai rien naturellement contre le principe de précaution. Je fais simplement ce constat. Qu'est-ce qui distingue aujourd'hui la plupart des tours de Shanghai de celles de São Paolo, de Mexico, de Singapour ? Qu'est-ce qui différencie les zones pavillonnaires des périphéries de Paris de celles de Lyon, de Bordeaux, de Marseille ? Comment préserver les identités régionales et nationales quand la pression démographique impose de trouver des solutions naturellement rapides et évidemment économiques ? Comment résister à l'appel des promoteurs proposant des maisons standard sur catalogue, au prix imbattable, un " prêt à habiter " avec jardinet en option ?

Le défi de la beauté architecturale est un enjeu culturel et humaniste au plus haut degré. Or l'enfer des villes a parfois, dans le passé, été pavé des meilleures intentions architecturales. On peut ainsi regretter les excès du " fonctionnalisme ", synonyme de morcèlement de l'espace en zones d'habitations d'un côté, d'activités de l'autre•••, idéologie encore présente dans la conception des documents d'urbanisme. Comme s'il fallait sacrifier aux entrées de nos villes, des zones réservées aux activités : on y met tout, n'importe quoi, n'importe comment, sans se soucier de ceux qui y travaillent, de ceux qui y vivent. Je souhaite donc que les règles de construction et d'urbanisme laissent plus de latitude quant au choix des moyens à retenir pour atteindre les objectifs : on a été à la limite supérieure des contraintes, cela va finir par étouffer toute possibilité de création et d'innovation.

Le poète ne doit pas toujours s'effacer devant l'ingénieur - je n'ai rien contre l'ingénieur bien sûr - mais la sensibilité peut avoir jeu égal avec la raison. Cher Jean Nouvel, je sais que cette idée vous est chère : il est temps de revenir à une architecture humaine, sensible, créative, attentive aux caractéristiques de chaque territoire, aux habitudes de vie de ses populations, aux particularités de son climat, de ses paysages naturels... Une architecture qui parte de l'analyse du réel pour induire une forme, plutôt que de plaquer un schéma préétabli sur la réalité. Votre projet pour la Philharmonie de Paris en est une nouvelle et vibrante illustration. Je ferai tout pour que ce projet voie le jour.

Alors il faut dépasser certains débats simplistes. Exemple de débat simpliste, celui sur les " tours ". Il y a des partisans de toutes les tours, et il y a des adversaires de toutes les tours. Avec ces attitudes on ne risque pas d'aller très loin. Certes, la Tour Montparnasse ne nous facilite pas la tâche. On peut porter le jugement que l'on veut, mais il est difficile de retenir un lien avec son environnement. Il en va de même que la dalle de Beaugrenelle. Mais inversement, votre projet de " Tour Phare ", cher Tom Mayne, fait de mon point de vue l'unanimité, par sa beauté esthétique et par son intégration parfaite dans cette forêt de hautes constructions qu'est le quartier de la Défense, lieu emblématique où l'architecture a la double fonction d'afficher des signes et de travailler à la réorganisation d'ensemble des fonctions urbaines. Qui viendrait imaginer l'installation d'un quartier pavillonnaire à la Défense ? On ne peut donc pas avoir une politique indifférenciée pour refuser ou promouvoir les tours, il faut juger au cas par cas.

S'agissant de la région parisienne, je souhaite que nous réfléchissions, au-delà des clivages des uns et des autres, à un nouveau projet d'aménagement global du " grand Paris ". C'est mon devoir de porter cette idée. Naturellement, je ne veux pas contester les responsabilités de tous les maires - j'ai été maire pendant vingt ans. Mais regardez ce qui s'est passé de grand il y a cinquante ou soixante ans. Ils n'ont pas eu peur d'envisager l'avenir. La question pour nous n'est pas de penser les six mois qui viennent mais le siècle qui s'ouvre. Quarante ans après la démarche lancée par le général de Gaulle et le préfet Paul Delouvrier, nous devons réparer les erreurs commises dans le passé - car il y a eu des erreurs - en veillant à créer de vraies villes dans nos banlieues, avec des espaces publics, des services, et tout simplement des lieux de sociabilité. Nous devons aussi les intégrer davantage à la capitale par des moyens de communication adaptés. Il n'y a pas les élus de la capitale et les élus de la périphérie, c'est la même région, le même espace. Et s'ils n'arrivent pas à se parler, des initiatives doivent être prises, à un niveau suffisant pour que cette discussion ait lieu. Pour favoriser cette réflexion, je souhaiterais, en concertation bien sûr avec l'ensemble des collectivités concernées, à commencer par la Ville de Paris, que huit à dix agences d'architectes puissent travailler sur un diagnostic prospectif, urbanistique et paysager, sur le grand Paris à l'horizon de vingt, trente voire quarante ans. Ces agences seraient choisies pour moitié parmi des agences françaises et pour l'autre moitié parmi des agences étrangères, en incluant de jeunes agences.

L'architecture a aussi pour vocation d'humaniser des banlieues et des cités trop longtemps laissées à l'abandon. L'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine a déjà consacré plus de 8Md€ à cette mission depuis 2004. Il serait utile d'amplifier l'effort en veillant à prendre en compte la qualité du patrimoine bâti : les logements sociaux doivent être des grands gestes d'architecture. Ce n'est pas parce qu'on n'a pas les moyens d'habiter dans un immeuble haussmanien qu'on doit forcément habiter dans quelque chose dont on n'a pas pris soin de penser la forme. Je songe notamment à la " cité parc " des Courtillières à Pantin édifiée par Emile Aillaud, qui est un exemple de ce qu'on doit s'efforcer de rénover mais aussi de préserver.

Et puis il y a, dans notre volonté de relancer l'architecture en France, une question incontournable, une question qui fâche et qu'il faut bien affronter, celle des concours internationaux d'architecture. Pour favoriser l'éclosion d'un projet original et adapté, il est nécessaire qu'un dialogue puisse s'établir entre le maître d'ouvrage et l'architecte, y compris au moment de la définition du projet. De fait, peut-on imaginer un particulier à qui l'on interdirait de parler avec son architecte lorsqu'il dessine les plans de sa maison ? A-t-on jamais vu quelque chose d'aussi absurde ? Or la règle de l'anonymat des concours interdit aujourd'hui toute relation personnalisée entre les candidats et le maître d'ouvrage public. Je souhaite que le Gouvernement français propose à ses partenaires européens une réforme profonde de ces règles, pour assurer la transparence et l'égalité entre les candidats par des moyens plus modernes que la règle de l'anonymat, qui est frustrante aussi bien pour l'architecte que pour le maître d'ouvrage.

Ce souci de qualité architecturale, les maîtres d'ouvrage doivent toujours l'avoir à l'esprit en s'entourant d'architectes conseils. Mais il est tout aussi important que les particuliers aient ce même réflexe. Aujourd'hui, 83% des maisons individuelles construites en France le sont sans architecte. Cela en dit long sur la méconnaissance du métier d'architecte. Il en résulte une tendance naturelle à l'appauvrissement de la diversité et au mitage des paysages naturels, dégradation accrue par la multiplication des " zones d'activité " aux abords des villes, qui ne sont rien d'autre qu'une forme de scandale, comme si la ville laide en périphérie c'était normal pour garder la ville superbe en son cœur : ce n'est pas un raisonnement républicain. Aussi nous faut-il promouvoir l'exigence architecturale auprès des acheteurs, des promoteurs et des maires. Nous démontrerons ainsi que l'innovation et la créativité ne sont pas réservées à une élite, mais accessibles à l'ensemble de la population.

Je souhaite également, à l'image de la réflexion sur le Grand Paris, que nous ayons une réflexion globale, approfondie, et débouchant sur des solutions concrètes et d'envergure, sur l'abord des villes, qui s'est beaucoup dégradé ces dernières années. C'est un projet qui concerne un nombre considérable de nos concitoyens et je ne vois pas de fatalité à devoir pénétrer dans les plus belles de nos cités en passant d'abord par des lieux qui font honte parce qu'on y installe tout ce qu'on ne veut pas voir au centre de la ville.

Nous le voyons, le développement harmonieux de notre patrimoine - celui d'hier, celui de demain - est réellement " l'affaire de tous ". Et c'est bien pour cela, qu'aujourd'hui comme hier, l'éducation et la culture doivent être liées.

Je souhaite à cet égard que l'éducation artistique et culturelle à l'école soit profondément renouvelée. Mon ambition n'est pas d'améliorer ou de renforcer des dispositifs existants. L'école est un enjeu de civilisation. C'est pourquoi je souhaite changer en profondeur la manière dont l'école enseigne la culture et les arts. Nous devons être audacieux, ambitieux, déterminés, à l'image de cette audace volontariste de Viollet-le-Duc et de Ferry dont nous célébrons aujourd'hui la deuxième naissance. Pardon de le dire, mais ils étaient plus audacieux que nous, et la rupture leur faisait moins peur. Nous sommes devenus conservateurs, et la multiplication des règles n'est en quelque sorte que notre volonté d'avoir une société aplatie, sans odeur, sans saveur et sans couleur.

Je souhaite également que les architectes de demain puissent étudier dans les meilleures écoles. Les architectes en chef des monuments historiques disposent aujourd'hui d'une solide réputation issue d'une grande tradition et assise sur une formation dispensée par une institution prestigieuse, l'Ecole de Chaillot, également présente en ces murs. Cette excellence doit s'appliquer aussi aux autres filières de formation. Pour pouvoir rivaliser avec les meilleures écoles suisses, anglaises, autrichiennes et américaines, il faut décloisonner les écoles d'architecture et les faire participer à des pôles universitaires de niveau international, apportant des savoirs artistiques et techniques complémentaires. Un architecte-sociologue ou poète, c'est bien, un architecte-ingénieur, ce peut être mieux encore, et ce n'est pas un hasard si les meilleurs architectes du monde intègrent toutes ces dimensions. A titre d'exemple, une formation d'excellence pourrait voir le jour, en plein cœur de Paris, entre l'Ecole nationale supérieure des beaux arts et l'école d'architecture de Paris Malaquais, sur le modèle de l'académie des beaux arts de Vienne.



Dans Eupalinos ou l'architecte, Paul Valery déclarait : " dis-moi, puisque tu es si sensible aux effets de l'architecture, n'as-tu pas observé, en te promenant dans cette ville, que d'entre les édifices dont elle est peuplée, les uns sont morts ; les autres parlent ; et d'autres enfin, qui sont les plus rares, chantent ? "

Je souhaite que la nouvelle Cité de l'Architecture et du Patrimoine nous apporte les harmonies des temps anciens, qu'elle nous initie à la lecture des monuments contemporains, qu'elle nourrisse l'âme des architectes de demain, qu'elle refasse de l'architecture un bien commun, et qu'elle la replace au cœur des choix de société.
A ceux qui s'interrogeaient pour savoir si c'était bien la place d'un Président de la République de parler de l'architecture, eh bien je veux répondre que si le chef de l'Etat considère l'architecture comme un sujet secondaire, il ne faudra pas se plaindre que dans cinquante ans il n'y ait pas les projets d'aujourd'hui à montrer. L'architecture, c'est l'identité de notre pays pour les cinquante ans qui viennent. Il est tout à fait normal qu'en tant que chef de l'Etat je m'engage pleinement dans cette mission : redonner à l'architecture la possibilité de l'audace. Car mesdames et messieurs les architectes vous avez le goût de l'audace, vous n'en avez plus la possibilité, en tout cas dans un pays comme la France. Je souhaite vous redonner cette possibilité, et je vous remercie.

17.09.2007

 

 

 

A tous les Amis du Carré Bleu

 

La présente missive est pleine de tristesse et de nostalgie. Celui qui fut l’un des plus ardents collaborateurs du Carré Bleu, le plus génial des photographes pour magnifier l’Architecture et pas seulement au service de CORBU, Lucien HERVÉ humaniste généreux dans ses pensées et ses actes, vient de s’éteindre. Il a été inhumé vendredi 29 juin à 15H00 au cimetière de Montparnasse.

Nous adressons à Judith son épouse (31, rue Vineuse – 75 016 – PARIS) nos plus sincères condoléances.

 

 

Lucien en réunion du Carré Bleu dans la Villa du Docteur Blanche il y a trente ans

Nouvelle Association les Amis du Carré Bleu  - 153, rue Saint-Martin 75 004 - PARIS

 

 

 

appel international à idées / / une idée pour chaque ville

 

 

 

 

 

 Hawort Creative Center

Piazza Castello, 19 - Milano

 

opening party

martedì 17 aprile 2007 dalle 18,30

 

Immagini e Architetture in collaborazione con FMR-ART’E’

 

dal 18 aprile    “incontri con il progetto” 4 appuntamenti con il progetto e il design

 

Mercoledì 18 aprile dalle ore 18,30

Il gusto del progetto   

GabrieleCappellato incontra Nicolas Bewick

 

Giovedì 19 aprile dalle ore 10,30

Abitare l’Ufficio vs l’Ufficio nell’Abitazione          Tavola Rotonda modera Walter Passerini

 

Venerdì 20 aprile dalle ore 18,30

Il gusto del progetto

Gabriele Cappellato incontra Elena Brusa Pasquè

 

Sabato 21 aprile dalle ore 18,30

Il gusto del progetto

Gabriele Cappellato incontra Riccardo Blumer

 

 

 

 

venerdì 23 marzo 2007 ore 19


Roma- via di Villa Patrizia, 11 -  c/o ACER

 

LE CARRE BLEU feuille internationale d'architecture             INARCH

 

appel international à idées / / une idée pour chaque ville

 

presentazione dei risultati 2007

 

stage presso:   Architecture Studio - Paris; Antonio Citterio and Partners; Corvino + Multari; Culotta & Leone; Gambardellarchitetti; GAP Architetti Associati; MCA - Mario Cucinella Architects; Locci Sarli Architetti Associati; Miralles Tagliabue - EMBT Arquitects Associats; Manfredi Nicoletti; Pica Ciamarra Associati - PCA int; Sartogo Architetti; Studio Valle; Vulcanica.

 

Lucien Kroll, Jaime Lopez de Asiain, Massimo Locci

 

SOSTENIBILITÀ: UNA SFIDA PER L’ARCHITETTURA CONTEMPORANEA

 

introduce Luciana de Rosa, conclude Livio Sacchi

   

 

 

 

 

venerdì 6 ottobre 2006 ore 17


Roma- Sala del Primaticcio Roma, Piazza Firenze 27

 

presentazione del n°0/2006

"Fragments / Symbiose"

 

e dell'edizione 2006/07 del concorso

appel international à idées / / une idée pour chaque ville

aperto a neolaureati europei e dei paesi del Mediterraneo

   
 

                                                                        Haut Patronage de l’UNESCO (°)

 

                                                          Giovanni Puglisi Presidente della Commissione Nazionale per l'UNESCO
                                                           Manfredi Nicoletti
                                                           Massimo Pica Ciamarra       

                  tavola rotonda          
CONFRONTI COME METODO
                                                    Martine Boiteux, École de Haute Études en Sciences Sociales
                                                    Sickan Park, Affari culturali dell'Ambasciata di Finlandia
                                                    Ibrahim Zakarya Younes Mohammed, Gran Premio Roma in Egittoa


                         dialogano con    "les Amis du Carré Bleu"

                  coordina                    Cesare Casati, direttore de l'Arca

 

sabato 7 ottobre ore 9,30


Académie de France à Rome - Villa Medici, v.le Trinità dei Monti 16

 

riunione aperta del Cercle de Rédaction sul tema del n°1/2007

“Centres / Périphéries”

 

informazioni

via Crescenzio 16 00193 Roma -

+ 39 06 68802254

secretariat@lecarrebleu

     
     
     
   

UP

 

 

 

Print